LNI #4


Nouvelle écrite à la façon de la Nouvelle infusée, en 20 minutes chrono, le 16 février 2017

En buvant : #InfusionMenthe

En écoutant : #Portishead #Dummy


Claire pousse la porte du restaurant italien quelques minutes après ses deux collègues.

Sabrina et Jean-Baptiste ont déjà commandé mais comme ils viennent là tous les jeudi, ils ont pris la liberté de commander pour leur amie.

A peine Claire assise, là voilà lancée :

– Bon, on est d’accord, je vous en parle mais vous me jurez de ne pas lui dire que ça vient de moi et d’ailleurs quand elle vous le dira, faudra simuler la surprise. Ça marche ?

– T’es lourde, crache ta Valda, s’emballe JB impatient.

– Ok, ok, bon ce matin j’ai chopé Carine aux toilettes en larmes. Apparemment Alan l’a largué comme une merde hier soir. Les fiançailles à Malte et tout le tralala, c’est finito !

Les deux amis restent sans voix quelques secondes.

– Ah bah mince alors

– Ouai merde alors !

– Vous me promettez de rien dire quand elle nous rejoindra ?

– Oui bien sûr. Elle est où, là, d’ailleurs ? {Sabrina à Claire}

– Elle calme ses nerfs en faisant les soldes.

– Pinaise, c’est pas croyable, elle en a pas marre de toujours répéter le même schéma, demande JB

– Avec les mêmes losers surtout, ajoute Claire.

– Eh ! « losers » carrément ? Parle convenablement d’Alan, ça reste notre pote et notre collègue.

– Ouai bah notre pote, c’est un gros naze dans ses relations amoureuses et tu le sais aussi bien que nous, JB.

– En même temps, Carine, c’est pas un cadeau non plus {Sabrina à Claire}. Sérieusement, quand t’es sorti avec elle à la Fac, elle a failli te rendre barge, non ? {Sabrina à JB}

JB semble agacé que ses amis, qui plus est collègues, s’obstinent à ressasser régulièrement ce petit écart de jeunesse.

– Putain, j’ai jamais connu une jalouse maladive pareil. Et control freak avec ça. J’l’adore, elle est super comme amie, comme collègue aussi mais en couple, sérieux, c’était une vraie plaie.

– Soyez sympa les gars sérieusement la pauvre, elle me fait de la peine. Elle enchaine les histoires pourries depuis qu’on la connait, non ?

– Sympa pour l’histoire pourrie, renchérie JB, blessé dans sa fierté d’ex.

– Elle arrive. Motus ! sérieux. Elle va sûrement vous en parler, vous faites comme si de rien n’était.

– Tu saoules Claire, on n’est pas débile non plus.

Une petite brunette, des sacs et paquets plein les mains, entre dans le restaurant et rejoint la tablée.

– Bon bah j’imagine que vous savez déjà ?

– Savoir quoi ? Tente Sabrina d’une voix qui ne sait désespérément pas mentir.

Coup d’œil complice, à peine réprobateur, entre Claire et Carine.

– C’est pas grave si tu leur as dit, tu sais. J’ai décidé de m’en foutre.

– Déééééni ! Lâche JB sans même lever les yeux du sms qu’il est en train d’écrire.

– Oui déni ! c’est exactement ça et en plus je l’assume ce déni.

– Euh, t’es sérieuse là ? s’étonne Claire

– Ouai. Je viens de réaliser qu’il était grand temps de passer à autre chose et d’en finir avec les pervers narcissiques que je me tape depuis que je suis en âge de sortir avec des types.

Jean-Baptiste lève les yeux quelques secondes vers Carine qui ne semble pas réaliser le tacle qu’elle vient de lui envoyer.

Carine étonnement de bonne humeur compte tenu de la situation poursuit :

– Dis donc Claire; puisqu’on parle de pervers narcissique; Merci pour le patient que tu m’as envoyé. Un casse-pied, celui-là. Le genre qui a lu plein de livres sur sa pathologie et qui croit connaître ton métier mieux que toi-même. Vous voyez le genre ?

Les 4 collègues acquiescent à l’unisson.

– Il m’a cassé la tête dès 8h ce matin, poursuit Carine

– Ouai désolée. Je ne savais plus quoi faire de lui depuis des semaines; alors quand il a dit qu’il n’était pas certain de vouloir continuer ses séances avec un psychiatre mais plutôt avec un psychologue; j’ai sauté sur l’occasion pour te le refiler.

– Bon, bien, merci quand même… ou pas.

La patronne du restaurant apportent les commandes. Elle semble bien les connaître :

– Bon, les psys, je vous offre le café ou vous êtes pressés aujourd’hui ?

2 Commentaires

  1. J’adore le concept on s’identifie directement aux personnages. Je ne précise pas que pour moi c’est Carine. Lu en infusant un yogi tea grand calme, j’aurais aimé être à table avec cette bande d’amis pour discuter moi aussi de ma journée mouvementée. Hâte de lire la prochaine nouvelle.

    1. Merci Milye 😀 Les psys sont des amis comme les autres, non ?
      Ps : Lu ton commentaire en buvant un yogi tea digestion (glamour !)

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