Le gang des rêves de Luca di Fulvio

Il est passé et repassé mille fois sous mes yeux, sur Insta et en tête de gondoles en librairies. J’ai détourné le regard.

Le mois dernier, je me suis (enfin) décidée à me le procurer.

J’ai encore repoussé un peu la lecture en le coinçant au milieu de ma Pal et puis le jour est arrivé. Le jour où j’ai plongé dans la vie de Christmas et de sa (toute jeune) maman Cetta.

Je dis « plongé » parce que j’ai terminé le roman depuis jeudi soir et impossible de lire autre chose depuis.

J’ai été happée.

Voilà donc 4 jours que je suis incapable d’ouvrir un autre livre. Incapable, ou pas envie de m’éloigner de cette histoire.

Ce qu’il y a de plus étrange pour moi, c’est que bien que j’ai Aaaadooooré ce livre, je ne crie pas au coup de cœur.

Pas tout de suite… Dans mon bilan de l’année, très certainement mais pas tout de suite.

Il a été tellement encensé que je ne sais même plus quoi en dire. Oui ce livre est génial, oui génial ! mais…

Il y a quelques longueurs qui m’ont un peu perdu. Les chapitres sur la vie d’un certain psychopathe, que je ne nommerais pas pour ne pas spoiler le début de l’histoire, ne m’ont pas convaincu. J’ai souvent été gênée de plonger dans la psyché de ce personnage dérangé. Je ne suis pas du genre fleur bleue en littérature, les histoires de tarés et autres dérangés du ciboulot ne me gênent pas d’habitude. Mais je ne saurais dire pourquoi les chapitres sur ce personnage ne m’ont pas plu. Quelque chose dans l’écriture qui me grattouillait et ne m’a pas permis de croire en son histoire à lui.

Autre point qui gratte, les scènes crues de cul sont un peu trop descriptives à mon goût. Les cunnilingus à répétition dans les moindres détails et les parties de jambes en l’air, consenties ou pas du tout, étaient… trop crûes.

Un peu comme quand tu regardes un super film et qu’à la fin, tu te dis que les scènes au plumard n’étaient franchement pas indispensables. J’ai pourtant bien saisi (j’espère) l’importance de la sexualité (ou de son apprentissage pour les plus jeunes) des personnages. La subtile manière de mettre en avant les rapports de domination homme/femme m’a semblé très bien amenée mais il y en avait un peu trop à mon goût.

Et puis, j’ai aussi la fâcheuse tendance de jeter un œil par dessus l’épaule des gens qui m’entourent et semblent captivés par ce qu’ils lisent. Autant vous dire, qu’en lisant certaines descriptions « fleuries » du Gang des rêves, j’espérais que personne autour de moi n’avait le même penchant de curiosité littéraire pour ne pas passer pour la fille qui lit un livre de cul de bon matin dans le bus ou au café 😉

Il fallait bien trouver quelques points négatifs à ce livre, voilà c’est fait !

Concernant les points positifs, je ne sais pas par où commencer.

L’histoire, les personnages (bon sauf l’autre dingue), la manière avec laquelle leurs destins se mêlent et influent les uns sur les autres, tout est là pour faire un superbe roman.

J’ai aussi beaucoup apprécié cette vision de New-York (et des États-Unis en général) du début du siècle dernier.

J’ai appris beaucoup de choses, mis en perspectives pas mal d’idées, l’immigration, les destins dans ces quartiers défavorisés mis au banc de la société dite moderne, le racisme bête et méchant et le communautarisme omniprésent, tiens, ça n’a pas tellement changé tout ça… L’histoire serait-elle un éternel recommencement ?

Et puis, je l’avoue, je ne suis pas très fan des films et livres sur la mafia et autre trucs de gangsters mais là, non mais là ! c’est tellement bien.

J’ai adoré vivre avec les personnages toutes ces innovations de l’époque qui font notre quotidien aujourd’hui, le cinéma parlant, la toute-puissance d’Hollywood, les premières radios « libres », et puis appelons un chat un chat, le capitalisme, la réalisation des rêves, des ambitions de jeunesse et des destins qui croient en eux-mêmes pour sortir de leur condition première.

Une histoire de réalisation personnelle, de résilience, le récit de vies qui se dépassent et parviennent à s’extraire de ce à quoi on les promet. Le cheminement, les balbutiements, les drames qui collent à la peau, les échecs qui deviennent des expériences, je me suis régalée avec ces destins incroyables.

Ce n’est pas que cela, et c’est déjà tellement, en huit cents pages, quelle leçon d’écriture. La grande histoire qui rejoint la petite (?), des histoires d’amitiés, d’amour, de famille, d’amour maternelle, de bonnes et de mauvaises rencontres, des liens forts dont on ne veut plus se défaire une fois le roman terminé … Une splendide leçon de vie !

Au point de ne pas parvenir à me mettre un autre livre sous la dent depuis quatre jours.

Dites, j’avais pas commencé cet article en disant que ce livre n’était pas un coup de cœur ? Hum…

Allez, ce soir, j’attaque au nouveau bouquin. Entre Hilsenrath et Zeller mon cœur balance encore… je crois que j’attaquerai demain tout compte fait, je reste encore un peu dans le monde de Christmas.

Diamond Dogs forever !

2 Commentaires

  1. Voilà, j’y suis. Et bien mes raisons ne sont pas du tout les mêmes que les tiennes.
    Le côté dur, banditisme et les scènes crues ça ne m’a pas du tout dérangé. Moi, ce qui me gêne dans ce livre, c’est le côté inégal qu’il y a entre les 2 parties. J’ai adoré la 1ère, justement pour son style très dur. Et dans la seconde partie, j’avais l’impression de ne plus être dans le même livre, ça devenait un banal polar qui aurait pu être écrit par n’importe qui, beaucoup moins stylé qu’au début….. et ça franchement, ça m’a déçue.

  2. Je vois bien ce que tu veux dire par les inégalités des 2 parties. Je crois que j’étais emballée par le récit, je me suis laissée emporter pour ma part. Les parties bandits/gangster ça m’a bien plu. Ce sont vraiment les scènes de sexes qui m’ont gênée, pas par puritanisme (😁) mais j’ai trouvé que c’était trop. Sinon, deux livres distincts ça aurait été mieux peut-être ou deux tomes 🤔 Merci pour ton commentaire. A très vite sur IG 😉

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