I love Kundera

Je me souviens le jour où j’ai lu les premières lignes des premières pages de mon tout premier Kundera.
J’ai 15 ans.
Je me pose des tas de questions sur la vie, l’amour, les relations entre les gens, le sens de tout ça.
J’ai 15 ans donc.
C’est un week-end un peu morose.
Je m’ennuie.
Comme je m’ennuie sévère, je casse les pieds de tout le monde avec mes remarques d’adolescente rebelle en crise existentielle.
Elle quitte la table du déjeuner familiale et se dirige vers sa bibliothèque.
Elle fouille, farfouille, hésite quelques secondes puis semble convaincu de son choix.
Agnès me tend son exemplaire de Risibles Amours.
Je la remercie et traîne mes converses en direction du canapé dans lequel je me love, boudeuse.
Je lis, je tourne les pages frénétiquement, je dévore.
Je suis seule au monde, seule avec cet écrivain qui vient faire exploser dans ma tête d’adolescente, ses mots et sa manière de voir le monde.
Kundera me confirme que la vie est bien cette espèce de saloperie qui vire du tragique au comique en un instant mais la seconde d’après peut passer du pathétique au magique.
Et la minute suivante… Il me dit que c’est comme ça la vie et qu’il vaut mieux l’accepter si l’on veut être heureux.
Il me dit, entre les lignes, qu’avoir l’espoir d’être heureux, c’est déjà être heureux.
Il m’apprend que nous sommes la somme de nos choix mais aussi que ces choix font de nous des êtres capables de vivre mille vies en une seule.
Déjà à l’époque, je trouvais toujours un mot a dire pour ramener ma fraise…mais ce jour-là, une fois le livre terminé, je la boucle pendant au moins 3 heures.
Je suis bouleversée, fascinée,déboussolée, reconnaissante
Après ce dimanche d’automne, je ne me suis plus jamais ennuyée.

❤️ Merci Agnès ❤️

❤️ Merci Milan Kundera ❤️

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