Ça en est où ton roman ?

Depuis bientôt un an, on me pose la question tous les jours.

-Ça en est où ton roman ?

Je ne m’en plains pas. C’est vraiment sympa de recevoir de l’intérêt pour ce que l’on fait.

Merci la famille, merci les copains. Je vous aime fooort comme Teddy Rinner.

Pendant les quelques mois d’écriture, c’était chouette de répondre que c’était en cours, que ça avançait bien, que cela me procurait un plaisir nouveau, inconnu jusqu’alors. J’étais intarissable sur le sujet.

Quand cela a été terminé, c’était encore plus génial de répondre : j’ai fini ! Quel pied, ça y est, c’est fait, j’ai accouché de mon premier roman, un début, un milieu, une fin. Il est tout prêt, tout beau.

Et puis, il y a eu l’étape suivante.

Quand le roman est là mais qu’il faut bien en faire quelque chose. Parce qu’écrire un livre, c’est génial mais le faire exister c’est une toute autre expérience.

J’ai écrit le mot FIN sur la dernière page des Sales Gosses, à la mi-août. J’ai terminé mes vacances sur un petit nuage d’autosatisfaction.

De retour à la ville, je me suis précipitée à la Corep, un peu trop vite d’ailleurs, quand je vois le nombre de fautes d’orthographe qui traînent encore dans le texte. J’avais envie qu’il existe sur papier, envie de regarder sa page de garde avec mon nom en toutes lettres et son titre Les Sales Gosses (titre provisoire).

Regarder le manuscrit et me dire : « Pinaise, j’ai écrit cette histoire du début à la fin. Je suis allée au bout et je la tiens entre mes mains ».

On ne va pas se mentir.

Une fois le manuscrit tout bien copié et relié, j’avais envie de voir ce qu’il valait (ce que je valais?).

Parce que ce prix Ecrire AuFéminin remporté en décembre dernier, c’est 3000 petits signes.

Est-ce que je suis capable de tenir un lecteur sur 234 pages ? De susciter l’intérêt d’un professionnel ?

C’est là que cela se gâte.

Avant d’envoyer mon précieux manuscrit, je l’ai lu et relu et… Je l’ai trouvé « archi-nul », puis « carrément super », ou « sans intérêt », en fait « pas mal mais sans plus », parfois « plein d’émotions et d’humour », ou « pas pire », ou encore « eh mais en fait, c’est cool » et j’en passe !

J’étais fière, non déçue, folle de joie ou peut-être dépitée… Je ne sais plus vraiment.

Bon, je suis passée par, à peu près, toutes les émotions possibles et imaginables avant de me décider à l’envoyer début septembre.

J’ai hâte de savoir Vs j’ai peur de savoir.

Depuis l’envoi aux éditeurs (ceux du jury Ecrire Au Feminin et d’autres qui ont montré de l’intérêt), j’ai rejoué mille fois la palette d’émotions citée plus haut… sauf que je la rejoue chaque jour et parfois plusieurs fois par jour.

Aaaaah au secours, je me fais penser aux artistes musicaux avec qui j’ai bossé pendant des années. Je me collerais bien des baffes, là, tout de suite.

Ces foutus doutes quand tu créés. Je croyais que je les comprenais mais il me manquait un paramètre : je n’avais encore jamais soumis mon propre travail à un regard critique.

Ce n’est pas un sentiment binaire : un jour j’y crois, le lendemain, je doute.

Non, c’est un foutu changement à chaque fois que tu y penses et… malheureusement tu as une fâcheuse tendance à beaucoup (trop) y penser.

Celui qui invente, par essence, doute de ce qui sort de sa petite tête, ses mains, son cœur, ses tripes. Et merde ! Ce n’est pas un problème d’artiste qui se l’a racle, c’est un problème de créateur. On n’est pas rendu ma bonne dame !

Trois mois plus tard…

Il parait qu’à l’échelle des éditeurs, ce n’est vraiment pas long, trois mois. Surtout si l’on tient compte du calendrier : rentrée littéraire, Prix et salons qui s’enchainent.

Envoyer son manuscrit en septembre ? Hahaha. Je dois bien avouer que mon timing est sacrément pérave quand même !

Pour un apprenti auteur, trois mois, c’est l’enfer, l’attente, le doute, l’angoisse.

Je n’arrête pas de penser à cette vieille pub pour du chocolat pâtissier où l’on voit un coulis de choc glissé tout doucement sur une poire avec le slogan « attendre que le chocolat est délicatement recouvert le dessert ». Non, je ne me compare pas à une poire, je suis une enfant de la télé.

Nous sommes le 4 décembre, dans une semaine, cela fera un an que j’ai gagné le Prix EcrireAuFeminin. C’est un peu comme si c’était hier mais j’ai quand même l’impression que cela fait mille ans.

De bonnes nouvelles à venir.

Les premiers retours sont plutôt bons mais je me fais violence chaque jour pour ne pas relancer mes différents interlocuteurs.

Je suis une foutue impatiente mais je crois l’avoir déjà dit, non ?

Dans le fond, tout ce que je veux moi, c’est donner à lire… Partager ce texte, lui offrir des lecteurs et trices 😉 Inexorablement, elle attend, lalalala

Je me tape sur les nerfs en ce moment alors j’avais envie de le dire. Voilà, c’est fait et ça va mieux.

Tous les jours, un peu, beaucoup, toujours passionnément.

Je n’ai pas cessé d’écrire depuis que j’ai terminé Les Sales Gosses.

Des petits articles, des commentaires sur mes lectures, une nouvelle.

J’écris et l’attente se fait moins pesante. Je gère mes impatiences comme je peux.

En novembre, j’ai participé au Nanowrimo – Écrire 50000 mots en 30 jours.

Je laisse reposer le texte écrit pendant le Nano. Je reprendrai le récit dans quelques mois. Ce n’est pas le moment.

Pas l’heure pour ce récit compliqué, personnel, trop intime peut-être. Je ne suis pas prête à le faire exister aujourd’hui. Je croyais qu’il serait le roman N°2. Que Nenni !

Roman N°2, la révélation.

Hier matin sous la douche, la plupart de mes idées viennent sous la douche ou en faisant la vaisselle, j’ai un truc avec la musique de l’eau qui coule, je crois. Donc hier matin, sous la douche, j’ai eu une révélation, un flash, une idée quoi ! Une jeune femme s’est imposée à moi.

Elle m’a laissée apercevoir son histoire touchante et rigolote. Elle avait l’air sympa cette fille. Elle a débarqué comme ça sans prévenir. J’ai tout de suite eu envie d’en faire une amie, de passer du temps avec elle, de tout savoir de sa vie.

 » Bonjour, c’est moi, l’héroïne de ton nouveau roman.

-Enchantée Madame ! »

En cette nouvelle semaine, je vais attaquer le plan de ce qui je l’espère sera mon deuxième roman. Et c’est reparti pour un tour !

Sinon, ça en est où ton roman ?

Ça suit son cours, t’inquiètes. Mais là surtout je suis à fond sur le deuxième ! Bisous tigré !

2 Commentaires

  1. bel article ma Charlye!
    1er roman, 2ème , 3ème…
    continue …continue… continue…
    on est là, on sera là, pour lire et bientôt acheter et surtout offrir !
    des bisous

    1. Merci de ton soutien ma Flo. Tu me connais, mon impatience chronique n’est pas une surprise pour toi 😂

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