Beaux rivages de Nina Bouraoui

Jc Lattès // 2016


Bien que Nina Bouraoui ait déjà écrit une quinzaine de roman, je ne l’avais encore jamais lu.
J’étais donc ravie, en décembre dernier, de découvrir que Beaux rivages faisait partie de l’énorme sac de livres offert par les membres du jury Écrire Aufeminin.
J’allais enfin découvrir cette auteure.
En revanche, pour être tout à fait honnête, en prenant connaissance de la 4ème de couverture de Beaux rivages, j’ai repoussé à maintes reprises sa lecture.
Je n’avais jamais vraiment la tête à ça, jamais la tête à lire l’histoire d’un chagrin d’amour.
Grossière erreur de ma part, ce livre est absolument sublime.
J’avais peur qu’il me mette le plomb mais pas du tout.
S’il raconte les semaines, les mois qui suivent la séparation de la narratrice et de son grand amour, il fait surtout, contre toute attente, l’éloge de l’amour et de la vie tout court.
Au fil des 250 pages, cette histoire d’amour, enfin plutôt ce chagrin d’amour nous est raconté au jour le jour à travers ses yeux et son cœur brisé.
Ici, on ne déroule pas les clichés, on évoque simplement un sentiment universel.
Beaux rivages raconte LA rupture, celle qui nous donne envie de disparaître, la douleur qui nous coupe le souffle, l’absence qui étouffe, le cœur qui se meurt puis petit à petit, le corps et l’âme qui se synchronisent et ramène le désir et l’envie.
Si je dois mettre un tout petit bémol ce serait que je regrette que les questions de maternité ne soient abordées que sur quelques lignes particulièrement à la fin mais je n’en dirais pas plus à ce sujet pour ne pas spoiler ce très beau roman.
Mention spéciale aux dernières pages et plus précisément à l’excipit que j’ai trouvé très poétique et qui m’a gardé en otage quelques jours après la fin de ma lecture.
Je compte bien poursuivre ma découverte de cette auteure avec ces autres romans.

Update quelques jours après avoir terminé le roman :

Quelle troublante expérience que la lecture de ce roman !
Dès les premières pages, j’avais une obsession, je voulais mettre la main sur mon agenda de lycéenne.

En filigrane de ma lecture, je repensais à cette phrase que j’avais lu lorsque je n’avais que 16 ans et que je découvrais l’amour pour la première fois. Un texte que j’avais oublié pendant 20 ans et qui est remonté à la surface en lisant l’histoire du chagrin d’amour de Beaux Rivages.

« C’est curieux, je n’ai pas cessé de souffrir. Je ne me suis pas accroché à toi, mais à ma souffrance, essayant de la retenir. Te garder prêt de moi pour me garder. Le jour où je ne souffrirai plus, où je m’en « sortirai » comme tu dis, c’est que je serai devenu un autre. Et je n’ai pas envie de devenir un autre. Parce que ce jour-là, nous ne pourrons plus nous retrouver. Tu sais, je ne suis pas dupe. Il y a le temps qui passe, vous ne pourrez pas lutter très longtemps contre lui… Je suis venu aujourd’hui. Mais si tu ne sais pas ce que tu veux, il sera peut-être trop tard quand tu le sauras. »

La maman et la putain – Jean Eustache

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